Questions à Marcel Hipszman, administrateur de COOPEST
Source : entreprises.coop, le 27 Novembre 2006; Lang.: FR
La Lettre du GNC – Où en êtes-vous dans la constitution de COOPEST, fonds de développement en faveur du développement des coopératives et des mutuelles dans les pays d’Europe Centrale et Orientale ?
Marcel Hipszman – La création de COOPEST a été officiellement annoncée lors de la Conférence de Cracovie à l’automne 2004, à l’occasion de la signature par les fondateurs (au nombre de 7) d’une déclaration solennelle exprimant leur intention de créer dans les meilleurs délais “un fonds de développement en faveur des pays qui viennent de rejoindre l’Union européenne ou s’apprêtent à le faire prochainement” pour reprendre les termes de la déclaration. Il faudra encore près d’un an avant que cette intention devienne une réalité. C’est en effet en novembre 2005 qu’a été fondée la société de financement COOPEST, société de droit belge au capital de 62 000 euros entièrement libéré dont le siège est établi à Bruxelles dans les locaux de SOFICATRA, société de capital-risque dont ESFIN et CFI (société italienne) sont les principaux actionnaires. Les actionnaires de COOPEST sont aujourd’hui au nombre de 7. Outre l’IDES, il s’agit du CREDIT COOPERATIF, de SOFICATRA, de CFI (Cooperazione Finanza Impresa S.c.p.a), de MACIF PARTICIPATIONS, de la banque polonaise BISE et de SEFEA (Societa Europea Finanza Etica ed Alternativa).
COOPEST est aujourd’hui opérationnel. Ses organes sociaux (conseil d’administration et comité de direction) sont en place. SOFICATRA en assure la gestion (en prestation de service), François Soulage préside le conseil.
De quels moyens financiers disposez vous ?
M. H. – COOPEST s’est fixé pour objectif de lever une trentaine de millions d’euros dans un premier temps pour répondre aux besoins des entreprises de l’économie sociale dans la zone géographique concernée. Il s’apprête à émettre une première tranche de titres de créances à hauteur de 15 millions d’euros, le mois prochain, à laquelle les actionnaires actuels de COOPEST souscriront pour environ 6 millions d’euros, la SFI (société financière internationale, filiale de la Banque Mondiale) s’engageant pour le reste, au côté éventuellement d’autres institutions financières.
Quelles sont les modalités d’intervention de COOPEST? Comment rencontrezvous les porteurs de projets ? Quelle est la procédure de sélection des projets ?
M. H. – Pour ses interventions, COOPEST s’appuie essentiellement sur des partenaires financiers locaux, banques de plein exercice ou intermédiaires financiers éprouvés disposant de l’expertise nécessaire pour ce type d’investissement et partageant éventuellement une partie du risque. Pour la promotion du dispositif, l’identification des prospects, l’appui à la sélection des projets, au montage des dossiers et le suivi, COOPEST s’appuie sur des bureaux régionaux (organismes ou réseaux de compétence) liés par contrat.
Il y en a deux à l’heure actuelle : TISE en Pologne et INTEGRA en Slovaquie.
La sélection des projets retenus et la prise de décision relèvent en dernière analyse du comité de direction après validation du comité d’investissement et sous réserve du recours éventuel au conseil d’administration.
Comment a été accueillie la création du fonds ? Pensez-vous pouvoir élargir le tour de table des partenaires ?
M. H. – COOPEST est plutôt bien perçu, comme le montre l’intérêt porté au projet par la Banque Mondiale et par la BERD et par d’autres partenaires financiers français (le Crédit Mutuel) ou étrangers qui pourraient ultérieurement rejoindre les fondateurs à l’occasion de nouvelles levées de fonds. Une campagne de prospection intensive tant auprès des intermédiaires financiers que des fédérations d’entreprises de l’économie sociale ou de réseaux d’entreprise est en cours depuis bientôt 3 mois en Roumanie, Hongrie, Bulgarie, notamment. De nombreux contacts ont été pris qui pourraient déboucher dans les mois à venir. Néanmoins, beaucoup reste à faire pour mieux faire connaître COOPEST et lui permettre de remplir ses objectifs. L’année 2007 sera cruciale à cet égard.
Quels seront vos premiers investissements?
M. H. – Deux projets devraient pouvoir être financés dans les tous prochains mois. Le premier concerne la mutuelle d’assurance polonaise TUW-TUW, filiale de la MACIF, pour un montant de 2 millions d’euros, la MACIF apportant de son côté 2 millions d’euros.
